10 mars 2008

Résultats premier tour Municipales Les Allues

Dans une commune de moins de 2500 habitants, les élections municipales bénéficient d'un mécanisme particulier : on y vote non pour une liste, mais nominativement pour des personnes. On peut rayer des noms, panacher les listes et même rajouter des gens qui ne se sont pas présenté. C'est vraiment la démocratie directe.
Aux Allues, la commune de Méribel, il y a 1446 inscrits sur les listes électorales pour élire 19 conseillers municipaux. L'équipe sortante emmenée par le marie Thierry Monin s'est représentée en bloc, face à deux petites listes dissidentes et quelques francs tireurs.
Il y a eu 994 bulletins valides dans l'urne, donc il fallait 497 voix pour être élue au premier tour (50% des voix). Lors du dépouillement, la tension était palpable dans la salle, une foule dense veillait grain, pour qu'aucune irrégularité soit commise. D'autant que le comptage est très compliqué, car il faut lire 19 noms sur chaque bulletin.
Il faut dire que l'enjeu est d'importance car il s'agit de savoir qui va gérer pour les 6 prochaines années, un des plus gros budgets municipaux de Savoie (qui avoisine celui d'une commune de 40.000 habitants !). Sacré gâteau, et vu l'étroitesse du corps électoral, cela peut se jouer à une seule voix (comme en 2001).
A 23 heures, on a eu enfin les résultats : la liste sortante a raflé dès le premier tour 13 des 19 sièges à pourvoir. Alain Etievent, le très populaire directeur de l'ESF, est arrivé en tête avec plus de 68% des suffrages exprimés. L'actuel maire, Thierry Monin, a été au contraire élu de justesse, avec 50,6% des voix. Comme quoi, paradoxe des communes rurales, le maire n'est pas forcément le conseiller municipal le plus populaire de la commune.
Il reste 6 sièges à pourvoir pour le second tour. Le suspense est de savoir si les sortants vont faire carton plein ou si quelques dissidents vont pouvoir s'inviter au conseil. Résultats dimanche prochain.

16 novembre 2007

Les villages de Méribel sur Google Earth

Voici une jolie vidéo sur Méribel tournée sur Google Earth. L'auteur a bien réussi à contourner la faible définition en prenant que des vues larges où l'on voit des quartiers entiers de la station (pour ceux qui veulent voir leur chalet en gros plan, je conseille le portail de l'IGN dont les images sont bien plus précises, mais qui est beaucoup moins convivial à manipuler).
Bravo, c'est très artistique. On attend avec impatience la version 3D. Et aussi à quand des images tournées l'hiver avec une jolie couche de neige ?

20 octobre 2007

Travaux routiers d'intersaison : vraiment indispensables ?

Les travaux sur la route d'accès à Meribel nous valent en ce moment une circulation alternée avec de beaux feux tricolores deux endroits différents. Tout d'abord sur le carrefour de Combe Froide (situé à l’entrée de la station) où on installe un rond point pour desservir Méribel-Village et Méribel à la place de l'embranchement actuel. On ne peut pas dire que cela soit vraiment indispensable, car même en pleine saison, la circulation reste tout à fait raisonnable à cet endroit. Mais bon, c'est la manie des travaux. Il y a des budgets à dépenser, alors on dépense !
Le second chantier est situé au niveau de la traversée du Raffort. On va avoir le droit à l’élargissement de la chaussée, la mise en place d’îlots centraux et d’abris bus à l’écart de la chaussée. C'est vrai que ce tronçon donne accès d'un côté à la télécabine de l’Olympe et de l'autre au village du Raffort. Mais bon, tant qu'à faire des travaux, on aurait préféré des aménagements visant à rendre la route plus sûr et confortable, par exemple en réduisant le nombre de virages (qui en passant donnent mal au cœur aux enfants, ce qui entraine bon nombre de vomis intempestifs). Mais bon, faudra encore attendre pour ça.

15 septembre 2007

Connaissez-vous Morel ?

Bon nombre de touristes utilisent le très pratique télésiège de Morel (qui part de l'altitude 1600) pour rejoindre l'Altiport. Mais combien savent que 100 mètre en contre bas, existe un authentique hameau qui a gardé tout son charme ancien ?
Pour y accéder, il suffit de partir derrière le restaurant Kiki (une des meilleures tables de Meribel connue pour ses incroyables grillades de 800 g), et de s'engager dans la ruelle qui part sur la gauche. En 30 mètres, on change complètement d'ambiance.
Comme les 13 autres hameaux anciens sur lesquels s'est élaborée la commune de Meribel, le hameau de Morel possède une jolie chapelle qui date du XIXème siècle :

07a8df2f8481b92f94567fd2e6f244e7.jpg

Outre un dédalle de ruelles digne des plus jolis hameaux de montagne, Morel possède une petite place avec une fontaine et un authentique four à pain. La ballade vaut de détour d'autant que le point de vue est superbe sur la vallée des Allues. Photos :
4019a775998523fd0a2432828e743b4f.jpg

ab3971ed2e91c7ca7c6c21ffe5b82af1.jpg

08 septembre 2007

Nouvel Espace Détente prévu pour Noel prochain

On a eu droit à des travaux cet été au parc olympique. C'est pour aménager une nouvelle attraction au centre de Meribel, un espace de remise en forme à côté de la piscine et de la patinoire. Au programme : sauna, jacuzzi, hamman, fitness. Ouverture prévue avant Noël pour la saison d'hivers.
Voilà une excellente idée pour diversifier l'offre de Meribel, notamment vers les séniors qui ne se suffisent pas d'une logique tout ski (voir mon billet à ce propos).
Petite photo prise aujourd'hui à la Chaudanne (admirez le ciel sans un nuage en arrière plan) :

55cb7128480ff254b82a8f7d32a1f1f0.jpg

12 juillet 2007

Comment Bride Les Bains s’est ruiné voulant devenir une station de ski

Comme son nom l’indique, Bride Les Bains est avant tout une station thermale spécialisée dans la lutte contre l’obésité. Les flambeurs savent aussi que Bride possède le seul casino de Tarentaise. Pourquoi les stations thermales ont le droit d’installer des casinos ? Allez savoir…
Tout ça pour dire qu'en 1992, Bride va réussir un coup incroyable. A l’occasion des JO de 1992, le maire va convaincre le comité d’organisation de l’intérêt stratégique de relier Bride par une Télécabine à Méribel. Sitôt dit, sitôt fait. Et voilà hop miracle, Bride les Bains est devenue une station de ski, reliée au prestigieux domaine des 3 Vallées.
Le trajet jusqu'à La Chaudanne par la télécabine de l’Olympe dure plus de 27 minutes. Il est érigé sur 80 pylônes à travers la montagne. Faut pas non plus trainer le soir en station car la télécabine ferme à 17 heures ! Comme il n’y a aucune piste de ski pour descendre à Bride (vu l’enneigement en bas, elle ne pourrait être ouvert qu’une semaine par an en moyenne et encore pas tous les ans), les cabines tournent à vide la plus grande partie de la journée. Le comble est que la télécabine ne fait même pas partie formellement du domaine skiable : il faut payer un supplément en plus du forfait 3 Vallées.
Ces travaux pharaoniques n’ont évidemment jamais été rentabilisés. Même avec ses 4000 lits et son hébergement relativement bon marché (30% moins cher en moyenne qu’en station), Bride les Bains n’est pas près de devenir Bride la Glisse…

22 juin 2007

Immobilier : le retour des grandes manoeuvres

Depuis plusieurs années, il ne se passait pas grand chose à Meribel au niveau immobilier, à part quelques réhabilitations. Normal, le Plan d'Occupation des Sols (POS) était saturé et on ne pouvait plus construire. D'où une flamblée des prix de l'immobilier, qui fait que les beaux quartiers sont maintenant plus chers que Paris. La vallée de Meribel à désormais 36.500 lits et on pensait être arrivé à un maximum.
Le 4 janvier dernier, un nouveau Plan Local d'Urbanisme (PLU qui replace le bon vieux POS) a été adopté par le Conseil Municipal. Nous rentrons donc dans un nouveau cycle d'aménagement.
Parmi les projets, il y a l'augmentation de 30% de l'offre hôtelière (pour passer de 7 à 10% de l'offre touristique totale). Cela passe par la rénovation et l'agrandissement de 3 hôtels existants : le Savoy, la Chaudanne et le Yeti. Mais on va aussi avoir droit à de nouveaux programmes dans le secteur du Belvédère et dans celui du chemin Durupt (en dessous de la piste du Doron qui est déjà hyper saturée en hiver). Ce dernier secteur est très mignon, et on ne peut qu'espérer que le futur hôtel soit discret.
Autre zone où l'on devrait voir pousser de gros chalets collectifs sera la zone de la Gittaz (située à l'endroit de l'embranchement entre Meribel station et Meribel village) pour loger des habitants permanents et saisonniers. Il est vrai que ces derniers qui sont plus de 2000 au plus fort de la saison ont de plus en plus de mal à se loger, tant les loyers touristiques sont devenus exorbitants.
A suivre.

05 juin 2007

Vive la haute montagne

Je vous avais parlé du rapport du député Vincent Rolland sur les stations de ski qui ne mentionne pas le réchauffement climatique. D'où une belle absence de débat sur le ciblage des investissements.
Le bilan de la saison d'hivers 2006-2007 des sociétés de remontées mécaniques est éloquent. Au global, elles ont subies une baisse de 10% de leurs recettes. Mais cette moyenne cache des disparités énormes. Les stations de haute montagne comme les 3 Vallées sont restées globalement stables avec des variations de l'ordre de 1% par rapport à l'année précédente. Par contre, côté moyenne montagne, cela a été la catastrophe, certains domaines ayant été fermé quasiment la moitié de la saison faute de neige.
Jusqu'à quand va-t-on continuer à faire l'autruche sur cette réalité au nom du sacro-sain équilibre de l'aménagement du territoire ?

26 mai 2007

Les charmes de l'intersaison

Nous sommes rentré dans cette période langoureuse de l'intersaison de printemps. La station est vide de touristes, mais ses habitants permanents arrivent à y maintenir une ambiance plutôt douce et sereine.
On peut voir de sublimes tableaux de couleurs, inconnus des vacanciers aussi bien d'hivers (tout blanc) et d'été (tout vert). Par exemple, ci-dessous cette jolie vue de la station avec en premier plan les verts pâturages et les arbres qui ont retrouvé leurs feuilles. Le contraste est saisissant avec l'arrière plan, le massif du Mont Vallon encore tout blanc de neige :

medium_DSCF1226.JPG


Pour les enfants, c'est aussi une période très sympa. La Chaudanne s'est transformée en square géant avec toboggan, balançoires, cueillette de fleurs et roulades dans l'herbe des alpages. Autant dire que c'est devenu le haut lieu des enfants pour occuper les chaudes après-midi (on a frisé les + 30° cette semaine !) après l'école. Cela change des squares parisiens où il fallait jongler entre les crottes de chien, la pisse des clodos, les satyres en tout genre et les pré-ados qui piquaient les ballons des plus jeunes.
Ici, on peut prendre un bouquin au soleil et être tranquille pendant 3 heures, sans être interrompu toutes les deux minutes pour faire la police.
Image de l'ambiance :
medium_DSCF1229.JPG

14 mai 2007

L’avenir des stations de ski vu par Vincent Rolland, député de Savoie

Les élections législatives du 10 juin prochain s’avancent à grand pas. Histoire de savoir ce que dit notre cher député de Savoie Vincent Rolland, je me suis procuré le rapport qu’il a remis en Décembre dernier au premier ministre intitulé : ATTRACTIVITE DES STATIONS DE SPORTS D’HIVER : RECONQUETE DES CLIENTELES ET COMPETITIVITE INTERNATIONALE.
Pour ceux qui n’auraient pas le temps ou l’envie d’en lire les 124 pages bardées de chiffres très bien documentés, voilà en quelque mot le propos.
Mr Rolland nous dit en gros que nous avons en France un formidable réseau de stations, mais qu’il faut investir si on veut conserver notre compétitivité face aux concurrents internationaux, notamment la Suisse, l’Autriche, l’Italie et dans une moindre mesure la Bulgarie et la Slovaquie. Intéressant panorama en effet.
On peut néanmoins regretter que dans cette étude très fouillée, aucune allusion ne soit faite au réchauffement climatique. Comme si le problème n’existait pas ! C’est pourtant une préoccupation croissante, et le manque manifeste cet hiver de neige en moyenne montagne souligne, si besoin est, l’urgence du sujet.
Pourquoi ce silence ? Parce que les conséquences du réchauffement climatique sont politiquement incorrectes. Avec la remontée de l’isotherme zéro en altitude, dans quelques années, seules les grandes stations de haute montagne pourront survivre (les 3 Vallées, l’Espace Killy, Chamonix et quelques autres). L’offre de ski sera de plus en plus concentrée, c’est inexorable. Mais il est difficile d’en finir avec la politique unanimiste qui consiste à saupoudrer les crédits sur toutes les stations et notamment les stations de moyenne montagne qui sont en survie artificielle. Au nom du sacro-saint principe d’égalité et de l’aménagement du territoire, les habitudes ont la vie dure.
Le second manque du rapport de Vincent Rolland est l’absence de réflexion sur la durée de la saison. Au contraire, l’étude se focalise sur la lutte contre les « lits froids ». Les propriétaires absents forment certes un manque à gagner manifeste pour les exploitants. Néanmoins, l’idée qu’il faut toujours maximiser les recettes sur un minimum de temps limite singulièrement les options de développement. La faible durée de la saison de ski (qui pour les raisons climatiques mentionnées ne peut que se raccourcir encore) n’est pourtant pas forcément une fatalité.
Dommage d’en rester là. Une autre piste plus ambitieuse aurait été de réflechir à la mise en place d’un véritable écosystème pour faire vivre les stations à l’année. Pour cela, il faudrait attirer une clientèle solvable et qui ne s’intéresse pas qu’au ski. En clair, les séniors. Pourquoi les retraités se ruent tous sur la Côté d’Azur et si peu en montagne ? Pourtant le climat de nos stations y est au moins aussi ensoleillé et sain que celui de Nice ou Cannes. Et dans les prochaines années, le réchauffement climatique va multiplier les canicules à l’avantage de la montagne.
Une des raisons du faible attrait de nos stations est qu’il n’existe pas chez nous l’infrastructure médicale adéquate pour accueillir les séniors. Il y en a d’autres. Bref, si on veut dynamiser l’économie de nos stations à long terme, ce n’est pas seulement en attirant toujours plus de touristes étrangers sur quelques semaines hivernales hyper concentrées. Il faut aussi réfléchir à des actions plus globales d’attractivité du territoire.

Toutes les notes